Samir Geagea n'est pas Aoun

Publié le par Actu-JSay

32965321_cf56c59d09.jpg Non, Geagea n'est pas Michel Aoun, et c'est une chance pour les chrétiens libanais qui, comme une très grande partie de la population sunnite du pays du Cèdre, ne peut plus supporter cette situation d'entre le marteau et l'enclume que des gangs téléguidés leur imposent.

Le chef des Forces Libanaises, qui a tenu hier une conférence de presse au siège de son parti, n'a pas mâché ses mots.

A propos de la déclaration belliqueuse à l'égard d'Israël qu'a prononcée récemment Nasrallah, le parrain du Hezbollah, Geagea a martelé : " Quelle impression auraient des dirigeants étrangers si, à titre d'exemple, le gouverneur Arnold Schwarzenegger définissait, d'une manière unilatérale une stratégie de confrontation globale avec la Chine?"

Une façon de dire, certainement, que Nasrallah, enfouit dans son terrier, n'est pas un Monsieur Muscles auquel personne ne veut résister mais aussi, c'est notre interprétation, que les dirigeants étrangers font l'autruche face au suppôt chiite des mollahs.

"Il y a quelques mois, les Libanais ont voté et ont accordé leur mandat à un Parlement, et à travers lui à un gouvernement pour gérer les affaires du pays. Cela me rappelle le slogan "Où est mon vote?" " a ajouté Samir Geagea qui, contrairement aux Joumblatt et autre Aoun et Sleiman, souligne que les aspirations libanaises ne cessent d'être trahies par ceux qui acceptent de courber l'échine devant syriens et iraniens confondus.

Les Libanais voudraient, comme Geagea regrettait de ne pouvoir le faire lors de cette conférence, que l'on puisse leur parler d'emploi, de développement économique, de leur système de santé, d'éducation ou de protection de l'environnement.

Mais Nasrallah, comme d'ailleurs le choeur mondial des djihadistes, de Paris à Kaboul, se plierait de rire en écoutant ces plaisanteries qui concernent la vie quotidienne des gens et non le retour du 12ème Imam ou le Califat de leurs rêves.

En fait, la haine des juifs et d'Israël leur est devenu le fond d'un programme assez chargé pour qu'ils s'inquiètent aussi du bonheur de leurs peuples.

Le mérite de Samir Geagea est de n'avoir pas renoncé au progrès et à la civilisation alors que d'autres, sniffant quelques millions de pétro-dollars, ont déjà vendu leur âme au diable.

Nasrallah avance à petits pas vers une dictature enturbannée au vu et au su de tous, mais l'intérêt supérieur de quelques nations fera, qu'une fois de plus, une majorité de Libanais paiera les pots cassés. C'est ce que Geagea voit venir.

Bientôt, Actu-JSay recevra, en direct de Beyrouth, la correspondance régulière d'un éminent journaliste dont le style et les opinions risquent peut-être très bientôt de onstituer un délit dans son pays.



 

Publié dans Moyen-Orient

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