Turquie-Israël : Erdogan veut gagner par abandon...de l'arbitre!

Publié le par Dabbag.info

Erdogan.jpg__Les relations entre la Turquie et Israël continuent de se dégrader et la dernière déclaration de Recep Erdogan à des journalistes palestiniens tend à confirmer ce changement de cap, évidemment stratégique, de la Turquie.

Mais jusqu'où veut aller le Premier ministre turc ? Peut-être est-il tout bonnement en train de tester la patience israélienne, mais aussi sa capacité à se tromper dans ses jugements. 

Erdogan pourrait très bien penser qu'Israël "interprète" son attitude comme celle d'un pays ayant un urgent intérêt à ne pas laisser son voisin Iranien seul porteur de la parole islamique contre l'Etat Juif, et en profite pour frapper de plus en plus bas.

Nous ne devons pas non plus exclure que des diplomates turcs aient, en coulisse, prévenu leurs collègues israéliens, de la tournure qu'allaient prendre leurs interventions publiques, tout en les rassurant sur le maintien des relations qu'ils veulent continuer d'entretenir avec Israël.

Mais spéculer de la sorte sur ce type de diplomatie en sous-main ne mène strictement à rien, sauf à jouer au jeu de "qui intoxique qui". Le résultat n'est pas en faveur d'Israël au plan public et international, c'est cela qui compte pour un Etat dont l'image est chaque jour écornée davantage. 

"La Mosquée Al Aqsa, le caveau des Patriarches à Hebron, et le Tombeau de Rachel à Béthléem n'ont jamais fait et ne feront jamais partie de l'héritage juif. Ils ont appartenu, appartiennent et continueront d'appartenir à l'islam." a déclaré encore Erdogan, selon le journal saoudien Al-Watan. Et personne de lui faire remarquer que c'est une manière bien étrange de vouloir rejoindre l'Europe que de remettre en cause, de manière aussi violemment radicale, l'appartenance de ces lieux à l'héritage juif dont la civilisation judéo-chrétienne a fait son berceau.

Si les européens, non plus, n'ont pas réagi à ce qui n'a pas à être poussé très loin pour être compris comme une négation du caractère juif de l'Etat d'Israël, il serait inimaginable qu'Israël fasse la sourde oreille sur cette question ou ne réponde de façon aussi péremptoire. On le sait déjà, l'Europe ménage sa population musulmane et arbitrera toujours en sa faveur. Et les USA ne voient la Turquie que comme le partenaire indispensable de son OTAN.

Que le premier ministre turc ait la rue islamique comme premier souci ne doit pas conduire l'Etat Juif à désespérer la sienne. Beaucoup de ceux qui soutiennent Israël ne comprennent plus ce qui se passe dans la tête de ses dirigeants. 

Peu importe, encore une fois, les "réalités invisibles". Que le Comité des Relations extérieures du Congrès Américain ait adopté, un projet de résolution reconnaissant la responsabilité de la Turquie dans le génocide arménien, et que ce Comité soit placé sous l'autorité de l'une des personnalités les plus importantes du lobby juif, n'est pas, et ne peut pas être une raison "diplomatiquement" suffisante pour accepter un tel discours.

Si c'est le cas, et si le "j'aime mes frères du Fatah autant que mes frères du Hamas" d'Erdogan sont des tirs de sommation pour prévenir les juifs américains qu'il est sans scrupule et ne craint nullement une montée des tensions, alors il appartient à l'Etat Juif de cesser de faire comme si la Diaspora pouvait supporter pour l'éternité que l'on bafoue son amour-propre.

En prenant silencieusement le monde entier à témoin de la radicalisation galopante du premier ministre turc, Israël ne pose de problèmes à personne et ne s'attire pas l'ombre d'une sympathie supplémentaire. Ses "experts" ne voient-ils pas ce qui se profile ?

Que dans ce match où les mots font plus de ravages que les idées, Erdogan fait le pari de gagner par abandon...des arbitres !

 

 

Publié dans Moyen-Orient

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