Nucléaire iranien : le jeu trouble de la Russie

Publié le par Dabbag

4041030576_ecaab427ab.jpg__Ils ne changeront décidément jamais ! Les Russes reviennent dans la partie en annonçant on ne peut plus clairement leur opposition catégorique à toute velléité iranienne quant au nucléaire militaire. Pas stupides, ils ont déplié leurs cartes de la région, comme nous l'avons déjà écrit ici.

Et puis, il faut ajouter qu'ils ne voient pas d'un très bon oeil les appels caressants que lance la République Islamique à l'Azerbaidjan toute proche qui, on l'a bien remarqué lors du voyage de Shimon Pérès, ne compte plus tous les mamours qu'on lui prodigue.

Mais le jeu de la Russie reste encore extrêmement trouble. On a beau prendre en considération une tendance héréditaire de ce peuple à jouer avec quinze coups d'avance, il n'en demeure pas moins que nous, avec nos belottes et notre poker importé on apprécie plutôt les coups francs. C'est dire combien peut nous paraître étrange, par exemple, la récente déclaration du vice-ministre russe des Affaires Etrangères dans laquelle il pose déjà les limites d'éventuelles sanctions contre le régime des mollahs.

Des sanctions qui, d'après lui, ne devront toucher que le secteur nucléaire, mais ni la banque, ni le pétrole, ni la mollarchie en tant que telle. Autrement dit des mesurettes qui ne serviront à rien puisque, à notre connaissance, aucun Etat ne se risque plus à fournir à Téhéran le matériel utile à la confection d'un site nucléaire à vocation militaire.

En fait, tout se passe avec les Russes comme s'ils n'avaient pas encore bouger leur reine (aux échecs, c'est mauvais signe pour l'adversaire). Comme s'ils étaient, en coulisse, en train de prévenir les iraniens que si eux, les russes, sifflaient la fin du match ce ne serait pas pour les laisser s'amuser à faire encore leurs petits ricochets sur la mare occidentale. 

C'est peut-être optimiste; certains diront aussi que c'est accorder un crédit immérité à une Russie qui a intérêt à ce que l'affaire s'envenime.

Eh bien, oui, précisément : Poutine n'a aucune raison objective de prêter main forte à Obama alors qu'il le voit empêtré jusqu'au cou sur tous les fronts. Et il n'est pas impensable, non plus, que sa stratégie à court terme soit d'offrir un parapluie, nucléaire pourquoi pas, à un Iran affolé par un affolement brutal de la machine américaine.

A la fin des fins, comme on dit au pays de Tolstoy, une déclaration comme celle que vient de faire le vice-ministre russe ne correspondrait à rien d'autre qu'à une menace voilée aux mollahs de s'en prendre à leur porte-feuille selon un agenda moscovite qu'il nous est difficile de deviner.
  
Et puis il y a le pétrole...la Chine...autant de pièces sur l'échiquier qui nous laissent penser que le Russe n'a pas l'intention de camper encore longtemps le rôle du fou.

 

Publié dans Géopolitique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article