"La Rafle": ils étaient juifs...en France.

Publié le par Dabbag

158059586_c2f33f24e8.jpg__On a pu assister hier soir, sur France 2, à une longue émission présentée par Marie Drucker, autour du film de Roselyne Bosch, "La Rafle", d'après l'histoire de Joseph Weissmann, présent sur le plateau. Le film sort aujourd'hui sur les écrans français.

Des centaines de pages, des milliers peut-être, vont être consacrées à cette soirée. Plus de deux cent mille, déjà, le sont sur cette rafle du Vel d'Hiv de l'été 42.

Des faits historiques que nous connaissons retenons: la police française, sur ordre des nazis, rafle plus de 13.000 juifs à Paris, dont 4051 enfants de tous âges.

C'est le chef du gouvernement de Vichy, Pierre Laval, qui insista pour voir les enfants suivre leurs parents.

Une centaine de juifs, seulement, reviendront des camps de la mort; très peu nombreux sont ceux qui parviendront à s'échapper avant d'arriver sur le sol de l'enfer.

La police française était placée sous les ordres de René Bousquet: exécuteur zélé des basses oeuvres orchestrées par la SS.

Ce Bousquet avait un ami, un ami qu'il gardera jusqu'au dernier soir de sa vie : François Mitterrand. C'est seulement  en 1994 que l'on a reproché cette pesante amitié à celui qui était devenu président de la République Française treize ans auparavant.

Beaucoup des amis du Président étaient juifs. A notre connaissance, aucun d'entre eux ne lui a demandé publiquement à quand remontait exactement cette amitié avec Bousquet et ce qui les avait si chaleureusement rapprochés.

Et puis, et puis il y eut ce dépôt de gerbe au Mémorial du Martyr Juif, à Paris, par l'ami de Bousquet. On y entendit Robert Badinter, alors ministre de la Justice, piquer une colère mémorable contre ceux qui exprimèrent leur malaise, leur mécontentement, leurs reproches.

Badinter hurla encore plus fort qu'eux; il s'agissait de  leur rappeler qu'ils devaient le silence aux morts. Il termina son hystérique diatribe par un "je ne veux pas qu'on m'applaudisse" prémonitoire.

En effet, personne, ce jour-là, n'avait eu l'intention de l'applaudir. Le même Président, quelque temps plus tard, allait aller déposer une jolie couronne fleurie sur la tombe de Pétain, le patron de son ami à l'époque de la rafle.

D'ailleurs, aujourd'hui encore, il ne se trouve pas beaucoup de juifs pour applaudir le Jacques Attali du "il n'y a pas d'antisémitisme en France", vraiment trop récent pour être relégué aux oubliettes.

Hier soir, sur le plateau de France2, ni le socialiste Pierre Moscovici, ni l'UMP Jean-François Copé n'ont abîmé l'impressionnante décence de l'émotion qui régnait sur le plateau. Au contraire, en tant qu'hommes politiques français, ils ont ajouté à la grandeur du Peuple Juif.

Moscovici, à l'instar de l'historien socialiste Max Gallo, nous a convaincus qu'il ne pouvait avoir conservé les mêmes sentiments à l'égard de l'ami de Bousquet.

Aujourd'hui sur les écrans, ne l'oublions pas, "La Rafle" raconte une histoire vraie. Celle de l'inhumanité d'un régime et de ses complices, au premier plan desquels figurait cet ami abject jamais renié. 

Bien sûr, chacun de nous sortira de la projection en essuyant ses larmes. Avec, à l'esprit, ce devoir de mémoire dont la petite-fille de Maurice Rajfus a dit, sur le plateau, ne pas vouloir rebattre les oreilles de ses enfants. En termes à peine différents, mais cela revenait au même.

Il y aura aussi, pour la plupart d'entre nous espérons-le,de la colère sous les larmes.

Colère de ceux qui, se souvenant de leurs morts, ne comprennent pas que le monde admette que la crapule internationale, de Paris à Téhéran, nie aux vivants le droit d'avoir leur propre Etat.

Le devoir de mémoire n'aurait aucun sens sans cette colère. Disons-le à nos amis : c'est elle qui est salvatrice. Si ce sont nos amis, ils acquiesceront.

Et tant pis pour les autres que notre détermination privera, dans le futur, d'émissions de télévision comme celle d'hier soir.

Jacques Dabbag


























 

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