Israël: question-clé des lieux saints.

Publié le par M.S

 

4400510629_8b29656f25.jpg__“L'esplanade des Mosquées est le troisième lieu saint de l'islam, après La Mecque et Médine. Les juifs l'appellent le mont du Temple, qui est considéré comme le site le plus sacré du judaïsme” écrit L’Orient-Le Jour du 06 mars. 


Ne discutons pas des raisons historiquement objectives qui font de l’esplanade des Mosquées le “troisième lieu saint de l’islam, après La Mecque et Médine” en rappelant à ceux qui ne le sauraient encore que le nom de Jérusalem, qu’il soit sous sa forme arabe d’Al Qods ou pas, ne figure nulle part dans le Coran.

 

Laissons à ceux que l’étude de la troisième religion monothéiste intéresse le soin de vérifier, par eux-mêmes, que c’est seulement à la suite de la bataille d’Al Yarmouque en l’an 633 qu’une partie de ce territoire du nord, la Syrie d’aujourd’hui, passa sous domination islamique. C’est-à-dire 1 an après la mort de Mahomet.
 

Il est vrai aussi que,s’il est possible que ce dernier projetait de l’atteindre un jour, ce n’est qu’en 638 que le calife Omar reçut les clefs de la ville de la main de ses habitants que le Prophète lui-même nommait “al-mourabitoune”, c’est-à-dire les résistants. Ce sera bien longtemps après la disparition de Mahomet que les savants musulmans supputeront sur la situation du lieu d’où le Prophète monta au ciel, dans un rêve, sur sa jument ailée Al Bourak.
 

Nous n’épiloguerons pas davantage sur les raisons pour lesquelles le Prophète Mahomet en personne changea de qibla (direction de la prière), en ne se tournant plus vers Aelia (le nom de Jérusalem à cette époque), mais vers La Mecque. Peut-être était-ce parce que la sainteté originelle de Jérusalem ne correspondait plus au nouvel objet de la mission qu’il s’était fixée? Ou encore qu’il avait décidé de rompre sa filiation spirituelle pour exercer un pouvoir moins...intemporel ?
 

Quoi qu’il en soit, ni les Juifs ni les Chrétiens n’ont jamais cherché à contrarier le choix de l’Islam quant à son troisième lieu saint. 
 

Cette mise au point étant faite, venons-en à ce qui est inquiétant dans la formulation de L’Orient-Le Jour, quotidien libanais qui n’a aucune leçon de langue française à recevoir et a toujours soigneusement pesé ses mots.


Ce journal, et c’est un euphémisme, ne peut être suspecté de quelque proximité que ce soit à l’islamisme, même lorsqu’il s’oppose radicalement à l’existence de l’Etat Juif. Il n’empêche.
 

Ecrire que ce sont les Juifs qui “l’appellent le Mont du Temple”et qu’il est “considéré” comme “le site le plus sacré du judaïsme” c’est se faire l’écho d’une rhétorique dont l’ambiguïté n’a d’autre dessein que de pervertir un débat religieux déjà fort agité.
 

Les Juifs “l’appellent le Mont du Temple” parce que le Temple fut une réalité historique, le lieu de convergence de la foi juive, et que Jérusalem fut de tous temps la seule et unique capitale des différents Royaumes juifs. 
 

Faut-il rappeler que les Juifs, eux, n’ont jamais changé de “qibla” ? Sinon que l’on nous dise où était ce Temple et à quelle réalité géographique “Les Templiers” chrétiens renvoyaient l’origine de leur dénomination. Quel est le Temple que Pline l’ancien vit de ses propres yeux? Sans parler de Titus dont tous les historiens s’accordent à reconnaître qu’il ne se contenta pas de détruire une “considération” juive.
 

Pourquoi écrire qu’il est un lieu “considéré”? serait-ce parce que d’autres nations auraient maintenant en réserve un lieu encore plus sacré à proposer à ce Peuple sans imagination ?
 

A moins de conclure confortablement, avec Shlomo Sand, que l’origine du Peuple Juif remonte à une apparition d’extra-terrestres à la fin du Moyen-âge, il n’est pas utile de “considérer” ce qui “est”.
 

Nous touchons là au fond du débat, au fond et à la limite extrême du problème qui, il est vrai, doit prendre en compte toutes les susceptibilités ; et ce ne sont pas les jets de pierre de l’entrée du Shabbat sur des Juifs en prière qui présagent d’un prochain rapprochement sur cette question religieuse dont on peut redouter les pires conséquences.
 

Ces musulmans manipulés, mais aussi ceux qui se cachent derrière eux, devront bien un jour ou l’autre se poser la question à laquelle pourrait, aussi, répondre le quotidien libanais:
 

est-ce que nier que Jérusalem est réellement LE lieu le plus saint du Judaïsme ce n’est pas nier le Texte sur lequel repose cette affirmation et donc se nier soi-même ? On ne peut à la fois se réclamer d’Abraham et des prophètes de l’Ancien Testament et, dans un même souffle, réfuter l’ensemble du corpus qui en a institué la figure.
 

A moins de décider que l’argument d’une razzia qui date de 1350 ans se soit  transformé en loi éternelle et ainsi donner raison à ceux qui, en Israël, ne veulent pas lâcher le moindre pouce d’une terre pour laquelle ils se sont battus.

M.S. 


 

Publié dans Israël

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