Madame Clinton s'énerve

Publié le par J.D.

1223446784_9099a33813.jpg "Nous avons manifesté la patience stratégique consistant à épuiser la voie des efforts internationaux pour convaincre l'Iran de faire ce qu'il fallait sans encourir de sanctions", vient de déclarer Madame Clinton qui, sans l'ombre d'un doute, fera trembler les mollahs iraniens dès demain à l'aube avec ce terrible avertissement.

Seulement voilà, il y a un hic ; elle répète la même chose depuis qu'elle est en charge de son Secrétariat d'Etat sans que cela n'ait eu la moindre influence sur personne. Et ce qui est même assez consternant c'est que cette fois, sans peut-être le faire exprès d'ailleurs, elle édulcore sa rhétorique. 

Pourquoi, en effet, a-t-elle eu besoin de préciser que sa patience était stratégique? Si elle l'avait vraiment été, son administration serait déjà passée aux sanctions sans autre forme de prévenances. Une véritable stratégie eût été de commencer par des sanctions unilatérales, telles que les demande maintenant, et peu tard, Netanyahu. Sanctions qui, par leur crescendo, auraient ouvert la voie à une action concertée de la Communauté Internationale bien obligée de ne pas faire la sourde oreille.

Mais ce que reconnaît, sans le dire, Hilary, c'est l'inanité des efforts des occidentaux et leur incapacité à s'entendre sur la forme même des sanctions.

Les iraniens ont bien compris, eux, qu'en laissant traîner les choses ils pouvaient tirer les bénéfices d'un clash entre les grandes nations qui ont toutes, et chacune à son niveau, des intérêts profondément divergents.

Parce que, contrairement aux apparences, c'est bien là que le bât blesse. Tous les occidentaux, et les russes avec, n'ont pas la même approche de ce qui se joue. Et donc, chacun ne peut consentir à placer sur la balance une mise qui ne soit pas  proportionnelle à son propre enjeu.

Ainsi le "de faire ce qu'il fallait" de Madame Clinton peut être interprété selon le regard de chaque nation sur les moyens qu'elle veut mettre en oeuvre pour : soit empêcher l'Iran de continuer d'enrichir son uranium, soit l'empêcher de développer sa production de vecteurs, soit, enfin, acquérir l'arme atomique ou même d'en frôler la réalisation.

D'où le dilemme d'Israël qui a bien compris qu'il n'ait pas de solution hors la fermeture pure et simple des sites nucléaires de la République Islamique. Mais nous sommes, a priori, malheureusement encore très loin de ce moment.

Sauf...sauf si au lieu de seulement le proclamer, les américains et les européens, ensemble, comprenaient vraiment qu'il en allait de leur sécurité nationale, comme sont en train de le comprendre, à notre avis, les russes dont on sait qu'il mettent toujours beaucoup de temps à déplier leurs cartes d'état-major.

Alors,faudra-t-il attendre encore longtemps avant qu'Hilary s'énerve réellement au lieu de s'agiter ? C'est la question.







 

Publié dans Iran

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