Egypte : merci Monsieur El Baradei

Publié le par Actu-JSay

elbaradei1 3 Si l'on en croit Le Figaro de ce   jour Mohamed El Baradei, qui quitte Vienne où il vient de diriger durant de nombreuses années l'Agence de l'Energie Atomique, rentre au Caire en quasi sauveur du pays des Pyramides.

L'opposition attendait l'homme providentiel pour barrer la route de Gamal, le fils Moubarak, en voie d'intronisation. Elle l'attendait pour organiser le changement et, certainement aussi, pour remettre quelques pendules à l'heure.

Cependant, El Baradei ne fera pas plaisir à tout le monde puisque, à en croire Le Figaro, il n'éprouverait aucune réticence à "honorer la mémoire de six millions de Juifs victimes de l'Holocauste". S'opposant en cela aux Frères Musulmans qu'il projetterait de faire entrer dans l'arène politique par un grand élan de démocratisation de la vie publique.

Certes, cela ne sera pas du plus bel effet dans un pays qui n'a de cesse, malgré son Traité de Paix avec Israël, que de laisser se propager les pires campagnes antisémites par la bouche d'une majorité de ses imams, encore faudrait-il alors que l'homme accepte non seulement d'honorer les six millions de Juifs morts mais aussi ce fameux traité qui devait normaliser les relations de l'Egypte avec six millions de juifs bel et bien vivants de l'autre côté de son Sinaï.

Sommes-nous arrivés à un point tel qu'il faille remercier tout chef d'Etat arabe qui s'écarte de la tentation négationniste? Ou, comme dans le cas du Premier ministre turc, tout dirigeant de confession musulmane qui accepte de ne pas punir l'Etat d'Israël de la relation d'intérêt réciproque qu'il paraît entretenir un peu contre son gré ?

Nous reviendrons encore longtemps, apparemment, sur l'anomalie fondamentale qui semble prédominer dans ce conflit: l'islam refusant à Israël le droit de vivre en paix lui impose ses exigences contre une reconnaissance qui n'est en rien une garantie de sécurité.

Quant à l'ex-patron de l'AIEA, il serait doublement remercié s'il clouait le bec à ceux qui voulaient jeter les juifs à la mer pendant l'état de guerre, d'appeler à les décimer en "temps de paix" !

Remercié, peut-être pas, mais certainement mieux inspiré dans la mesure où, comme le rappelle Le Figaro, ce Prix Nobel a bien intégré les réalités de la civilisation moderne, qui, malgré d'insupportables perversions, s'oppose à toute barbarie.

J.S

Publié dans Moyen-Orient

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